5 bonnes raisons de voter contre cette initiative

  1. La liberté de tous les Suisses serait restreinte

    Si l’accord de libre circulation des personnes (ALCP) devait être résilié, cela signifierait pour les Suissesses et les Suisses qu’ils n’auraient plus la possibilité de choisir librement leur lieu de travail et leur domicile sur le territoire de l’Union européenne (UE). 460'000 ressortissants suisses sont établis dans l’UE, cela montre à quel point la mobilité est importante aujourd’hui. Et inversement, les ressortissants des Etats membre de l’UE ne pourraient plus venir s’établir en Suisse pour travailler ou étudier, ou uniquement en remplissant des conditions strictes. Dans les deux cas, la bureaucratie serait énorme. À la suite de la pandémie du coronavirus, les frontières nationales ont été largement fermées pendant plusieurs semaines au trafic de passagers, les services aériens ont été interrompus et le trafic ferroviaire transfrontalier a été suspendu. Ces mesures d'urgence nous ont rappelé à tous combien il est précieux de pouvoir se déplacer dans le monde entier sans restriction.
     

  2. Tous les accords bilatéraux seraient résiliés

    Si l’accord de libre circulation des personnes devait être résilié, l’UE mettrait automatiquement un terme à tous les autres accords bilatéraux en vigueur. En raison d’une clause dite guillotine signée conjointement par la Suisse et l’UE, toute dénonciation unilatérale de l'ALCP entraînerait l'extinction des six autres accords bilatéraux I (accords sur les obstacles techniques au commerce, sur les marchés publics, sur l’agriculture, sur les transports terrestres, sur le transport aérien et sur la recherche). Ces accords garantissent aux entreprises suisses un accès presque sans discriminations au marché intérieur de l'UE dans des secteurs économiques importants. Au vu de la pandémie que nous venons de vivre et que nous vivons encore, il s’est avéré primordial de pouvoir compter sur des travailleurs de l’UE et de faire preuve de solidarité avec nos pays voisins.
     

  3. La crise économique due à la pandémie du coronavirus serait exacerbée

    La pandémie de corona est le plus grand défi que l'économie mondiale ait eu à relever depuis des décennies. En pleine crise économique mondiale, une relation stable avec l'UE est plus que jamais indispensable pour la Suisse. Il s'agit en effet du plus important marché de vente pour les exportations suisses. Notons également que la Suisse gagne deux francs sur cinq dans le commerce extérieur. Dans la situation actuelle, rompre avec notre principal partenaire commercial représenterait un risque majeur pour notre pays.
     

  4. La Suisse, en tant que centre de recherche et d’innovation, devrait faire cavalier seul

    La Suisse est un site international de premier plan pour l'éducation, la recherche et l'innovation. Nous sommes fiers de nos universités, de nos prix Nobel, de nos idées et de nos produits exceptionnels. Cependant, la recherche et l'innovation ne fonctionnent pas en autarcie, au contraire - aujourd'hui, elles sont tout aussi interconnectées au niveau international que l'est l’économie. Les programmes-cadres de recherche européens sont une condition préalable à la réussite des réseaux. Ils permettent de gérer depuis la Suisse des projets de recherche internationaux, petits et grands, avec la participation de nombreuses PME (petite ou moyenne entreprise). Avec l'initiative de limitation, la Suisse perd l'accord de recherche avec l'UE et donc l'accès à ces programmes, qui se chiffrent en milliards. Cet isolement affaiblit nos universités et de nombreuses PME suisses. Il met en péril, par négligence, la position exceptionnelle de notre pays en tant que centre de recherche et d'innovation.
     

  5. Aucune alternative équivalente à la Libre circulation des personnes n’est en vue

    Avant de résilier les accords bilatéraux, une alternative crédible doit être proposée afin de savoir concrètement ce qui suivra. Plus de la moitié de nos exportations sont vendues en Europe (52%). Ainsi il est essentiel d’avoir des relations stables avec nos voisins. Le développement des exportations avec d’autres États dans le monde est certes nécessaire mais ne pourra pas compenser la perte d’une partie du marché de l’UE. L’acceptation de cette initiative signifierait la fin des accords bilatéraux au premier trimestre 2022 déjà. Un délai aussi court ne permettrait pas de trouver une solution satisfaisante avec Bruxelles et les 27 Etats membres de l’UE et la faire approuver par le peuple suisse. Rappelons qu’il a fallu près de dix ans pour négocier les accords bilatéraux avec une Europe à 15 Etats. Et même si un nouvel accord de libre-échange devait être conclu, il ne garantirait pas une participation égale et non-discriminatoire au marché intérieur européen. La Suisse ne peut pas se permettre une expérience aussi risquée.